Compte-rendu du weekend "Tisserands"

Ce weekend avait lieu la rencontre des Tisserands, au siège de la Conférence des Évêques de France, à Paris. « Tisserand », en bon français, se traduirait par « webmaster catholique ». Il s’agit d’un réseau lié principalement aux diocèses. Le site internet va être totalement revu d’ici peu, mais en attendant vous pouvez visiter tisserands.cef.fr pour plus d’informations.

Je suis intervenu à quatre reprises pour animer des ateliers. Le premier portait sur les réseaux sociaux, les trois autres sur l’utilisations de produits Google. En voici les intitulés exacts:

  • Les nouveaux réseaux.
    Découvrir les réseaux sociaux, leur variété et leurs offres.
  • Créer un site avec Google site.
    Utiliser l’offre de Google pour créer son site internet…
  • Utilisation des outils Google.
    Connaître la palette des outils mis à disposition par Google: agenda partagé, fichiers partagés…
  • Utiliser les statistiques de mon site (exemple avec Google Analytics).
    Utiliser et savoir interpréter les statistiques pour optimiser et améliorer la fréquentation des internautes.

L’atelier sur les réseaux sociaux était le plus complexe. Ma première impression est que l’éthique est à la traîne vis-à-vis de la technique. Je m’explique. Nous avons d’abord souligné que les facebook, twitter, et autres sont avant tout des outils. Cependant, leurs concepteurs ont une vision contestable de la vie privée, et cela se ressent dans leurs produits. On lira vers intérêt cet article du Monde qui présente le point de vue du fondateur et PDG de Facebook. Je cite : « Les gens sont désormais à l’aise avec l’idée de partager plus d’informations différentes, de manière plus ouverte et avec plus d’internautes. (…) La norme sociale a évolué. »

Il est donc clair que si Facebook n’est qu’un outil, c’est malgré tout un outil développé également pour faire évoluer les comportements. Mais est-ce aux techniciens de décider des nouvelles normes éthiques ? Une recherche google sur le sujet de la vie privée et facebook montre que les tisserands ne sont pas seuls à se poser la question.

En bref, cet atelier a suscité beaucoup plus de questions sur l’éthique que sur les aspects techniques. Je me sens pourtant plus compétent sur ce dernier aspect que sur le premier…

L’atelier suivant était clairement plus pratique, puisque nous avons créé un site web avec l’outil Google Sites sans écrire une seule ligne de code. Nous avons passé en revue les possibilités d’intégration d’éléments dynamiques : cartes, diaporamas, calendriers, blog, tableau synchronisé avec le tableur de Google, etc. Les exemples donnés sont le site du séminaire de Rennes, et des paroisses de Saint-Brieuc. Nous avons vu qu’il est possible d’exporter le blog (appelé « Annonces ») vers Facebook—je détaillerai le pas-à-pas dans un autre article—. De même, une astuce permet d’associer les droits d’édition différents sur le contenu d’une page (en passant par l’intégration d’un document de Google Docs).

Le troisième atelier a permis de passer en revue les outils de Google à même d’améliorer la productivité des diocèses, paroisses, et autres groupes. En premier lieu, les cartes (Google Maps) que l’on peut personnaliser et intégrer sur son site. Vous en avez un très bon exemple sur la page d’accueil du site des paroisses de Saint-Brieuc. Ensuite nous avons étudié la possibilité d’intégrer un agenda (voir l’exemple sur le site du séminaire de Rennes). L’émerveillement fut particulièrement intense à la découverte des formulaires intégrés au tableur de Google. Pour terminer, j’ai évoqué brièvement la suite d’outils pour entreprises et associations appelée Google Apps, qui permet d’utiliser les services de courrier, de sites, de documents et de calendrier tant en offrant un plus grand degré de personnalisation. L’aspect le plus visible est qu’on peut remplacer le logo Google par son propre logo. Pour ceux qui souhaitent aller encore plus loin, je suggère de consulter les API des Google, qui permettent de réaliser tout ce dont vous rêvez, pour peu que vous sachiez programmer et que vous ayez du temps…

Le dernier atelier portait sur Google Analytics, et nous avons pris l’exemple du site messesinfo.catholique.fr.

Pendant chacun ces trois derniers ateliers sont aussi apparues des questions sur Google, les données, et la vie privée. Le débat n’est pas clos, et pour être sûr de ne pas le refermer, je vous propose de méditer sur cette citation du PDG de Google :

Je pense qu’il faut faire preuve de jugeotte. S’il y a quelque chose que vous faites et que personne ne doit savoir, peut-être qu’il faudrait commencer par ne pas le faire. Si vous avez besoin qu’on respecte à ce point votre vie privée, le fait est que les moteurs de recherche – y compris Google – enregistrent et conservent des informations pendant un certain temps. Il faut bien réaliser que nous, aux USA, sommes soumis au Patriot Act et donc qu’il est possible que toutes ces informations soient mises à la disposition des autorités à leur demande.

Eric Schmidt, patron de Google, traduit par Tristan Nitot.

Faut-il tout arrêter ? L’Église doit-elle cesser d’utiliser les outils de Facebook et de Google, pour ne pas cautionner une éthique douteuse (comme l’a proposé un participant du premier atelier) ? Ou saura-t-on proposer une réponse chrétienne à ces défis ? Le débat est ouvert. Mais il faudra aller vite pour apporter des réponses.